Le titre « Passion » vient de l’album de Peter Gabriel pour la bande Originale de « Music for The Last Temptation of Christ ». Sur la pochette de l’album, une Oeuvre de Julian Grater qui m’a fait boum dans les yeux et paf dans le cœur quand je l’ai vue il y a un an. Cette peinture lié au titre « passion » est pour moi maintenant une petite révélation de sens pour mon travail. L’effet que dégage cette peinture est celui que j’aimerais voir émaner de certains de mes dessins. Une surchauffe. Une aboutissement empli de destruction. Une explosion de vie incertaine et brute. Une implosion de paradoxes. De la surchauffe. De la passion.

La difficulté dans cet art est de pouvoir concentrer cette puissance sans tenter de la contrôler. La diriger vers l’extérieure, vers l’ampleur.Selon moi elle ne pourra se concentrer que si elle est libérée. A l’inverse d’une énergie bloquée qui ne produirait que du bruit, du labeur, une énergie libérée est efficace, claire, universelle.

Je dis ça parce que trop souvent je vois, dans mon travail ou ceux des autres, une pseudo libération du trait, une imitation des passions. Je vois beaucoup de bruit, de labeur. je vois rarement cette libération, la puissance joyeuse d’une réelle expression. Cette libération requière un lâché prise total par rapport à la volonté de réussite, de possession de l’œuvre. Aucun attachement ne peut diriger. Si c’est le cas, le geste se perd et le mental cherche à faire « comme si j’étais libéré ». Quand le travail s’enlise dans le petit, dans l’imitation, il est important de lacher toute inqiétude en donnant au mains tout le pouvoir, même et surtout celui de détruire : De grands coups de gommes ou au contraire de traits en travers tout l’espace tel une demistification de l’ouvre, une reprise de souffle, une relativisation, une REVITALISATION.

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