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jan
Je vois autour de moi des couples qui respirent composé de femmes posées, d’ hommes présents, respectueux. Je ne peux imaginer cela pour moi. Parce que je suis soit dans le besoin de séduire, d’être parfait, soit je suis dans le replis, le silence la fuite. Peu entre les deux. Je me projette donc soit dans une vie impossible et intenable, soit dans celle d’un couple sans vie.
Je vois souvent des couples de petits vieux dans la rue. J’y vois souvent la femme qui commande et l’homme qui y est avachi, inerte et bouilli, obéi. Je me demande alors comment cet homme a fait pour en arriver là. Je me demande quel sentiment (même si il est inconscient), domine en lui? Haine de lui même? résignation bien épaisse? peur ou amour pour sa femme? Est-ce qu’il est devenu complètement amorphe pour ne pas déranger le monde de sa présence? Est ce qu’il s’est résigné dans le silence parce que de toute façon personne ne l’écoute?
Pourtant en général ces hommes je les vois essayer de maintenir un semblant de dignité ou du moins un semblant de masculinité. Soit en ronchonnant, preuve qu’il ont encore du caractère, soit en faisant des gestes nerveux, preuve de leur encore grande réactivité physique… Leurs femmes dirigent, commandent, choisissent; eux, ils paient, preuve encore de leur grande puissance. Je vois bien que dans leurs âmes endormie, cette vie les désolent, que quelque part dans le passé, ils imaginaient la vie plus grande, plus forte, plus courageuse.
Que si ils en sont là, à suivre leur femme chez Delhaize, c’est juste à cause des autres, pas d’eux. Que c’est sa femme qui l’oblige. Ce n’est pas par plaisir qu’il accepte, c’est pour lui faire plaisir. Est-ce possible de faire plaisir sans se faire plaisir ? Il ne sont sans doute jamais posé la question.
Comment était leur couple quand ils étaient jeune? Qui gagnait de l’argent? Qui décidait? Pourquoi la femme a maintenant le dessus sur la gestion du quotidien, des émotions et des sentiments? Pourquoi ces hommes sont ils devenus sec, vidé de leur sperme, de leur charme, de leur aura?
Qu’ont ils craint, qu’ont ils cru pour en arriver là? Croient-ils que demain résoudra ce mal de dos, ce mal de ventre qui les ronge? Craignent-ils de voir qu’ils se seraient trompés, même sur un choix infime, pour laisser aux autres tous les droits sur leurs vie ? Croient ils que le seul fait d’avoir été un soldat les rends viril pour la vie?
Ils transportent leur vie dans des bagages, comme s’ils avaient oublié qu’il sont encore bel et bien vivant.Est-ce juste de ne plus pouvoir faire certaine chose qu’ils refusent de faire toutes les autres ?
Ils sont fragile mais se croient invincible. Seul l’acceptation de leur propre fragilité leur rendrait un peu de solidité.
Ils préfèrent se dire qu’il pourraient que de pouvoir vraiment.
Et si j’avais peur de devenir comme eux? Ma femme choisissant la couleur des pâtes et des fruits, moi, me mordant ma queue devenue flan, perdu dans mes combats psychologique et émotionnels. Un soumis qui laisse la vie tout décider pour lui parce qu’il a peur d’exister, peur de prendre ce risque ?
Heureusement je peux l’encore écrire.
Dans ma vie je m’endormie. dans ma vie je subie, dans ma vie je nantie. Alors que ma vie je la veux vie, je la veux sourie, je la veux courageux, je la veux orageux, je la veux fievreux, je la veux, je la veux, je la veux.
Moi endormi, dominé par la peur de ne pas être aimé. J’ai mainte fois essayé de leur dire mais rien ne sort de cette bouche.
J’ai le besoin de rester éveillé, d’être conscient de ma vie, de la vie. Ce besoin va à l’encontre de la belle phylosophie de notre société. Ce besoin j’ai énormément de mal à le satisfaire. Je traîne dans des activité qui me rendent las. Parfois je me convainc même que la lassitude me plait, que l’ignorance finalement c’est bon. Que c’est bon d’être con et de se faire enculer.
Mais parfois pas, alors j’écris.
Sans doute je porte le monde par simple bon coeur,
Je n’ose, pour ainsi dire, jamais contredire,
ou si peu, pour peu je voudrais plaire à tout le monde,
jamais déranger, toujours soulager,
Reconnaître pour mien les maux de certains,
Me rendre aveugle pour la bénédiction d’autres.
J’aspire tout,
maux de dos et maux de cou,
Chair de poisson, chien andalou,
Petites portions et chauds ragoûts.
pour vous soutenir, je ferais tout.
Je me retrouve alors saturé, le dégout,
Fini les journée émerveillée,
fini les doux bisous dans le cou,
Le réveil m’a fait penser,
Que sur mon dos vit encore trop de tabou.
Petit Essai rigolo:
J’ai tenté de dissocier le dessin du fond papier à partir du scan. ensuite j’ai rendu ce fond transparent et il donne donc l’impression d’avoir été dessiné sur le fond de la page Web. Le processus n’est pas encore optimal parce je perds encore beaucoup de nuances mais l’effet est sympa..

Le titre « Passion » vient de l’album de Peter Gabriel pour la bande Originale de « Music for The Last Temptation of Christ ». Sur la pochette de l’album, une Oeuvre de Julian Grater qui m’a fait boum dans les yeux et paf dans le cœur quand je l’ai vue il y a un an. Cette peinture lié au titre « passion » est pour moi maintenant une petite révélation de sens pour mon travail. L’effet que dégage cette peinture est celui que j’aimerais voir émaner de certains de mes dessins. Une surchauffe. Une aboutissement empli de destruction. Une explosion de vie incertaine et brute. Une implosion de paradoxes. De la surchauffe. De la passion.
La difficulté dans cet art est de pouvoir concentrer cette puissance sans tenter de la contrôler. La diriger vers l’extérieure, vers l’ampleur.Selon moi elle ne pourra se concentrer que si elle est libérée. A l’inverse d’une énergie bloquée qui ne produirait que du bruit, du labeur, une énergie libérée est efficace, claire, universelle.
Je dis ça parce que trop souvent je vois, dans mon travail ou ceux des autres, une pseudo libération du trait, une imitation des passions. Je vois beaucoup de bruit, de labeur. je vois rarement cette libération, la puissance joyeuse d’une réelle expression. Cette libération requière un lâché prise total par rapport à la volonté de réussite, de possession de l’œuvre. Aucun attachement ne peut diriger. Si c’est le cas, le geste se perd et le mental cherche à faire « comme si j’étais libéré ». Quand le travail s’enlise dans le petit, dans l’imitation, il est important de lacher toute inqiétude en donnant au mains tout le pouvoir, même et surtout celui de détruire : De grands coups de gommes ou au contraire de traits en travers tout l’espace tel une demistification de l’ouvre, une reprise de souffle, une relativisation, une REVITALISATION.




Et moi le cœur gros de je ne sais pas quoi, heureux de dessiner.










