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Quel était ce petit tas de miettes posées sur la table et avec lequel je jouais?
Parfois épars, mes doigts le rassemblais en une réunion de petits éléments formant à nouveaux le petit tas de miettes sur la table boisée du restaurant.
Je parlais avec toi, nous parlions, racontions, je me protégeais de trop de mental en me tenant consciemment assis, croyance que seul mon corps pouvait dire vrai, je reprenais alors mes esprits, mes miettes, et je reperdais tout à nouveau dans une passion cérébrale ou les mots m’arrachent de mes sensations et de mes intuitions.
Quel était ce tas de miettes? Comme le peu que je donnais finalement? Comme de petits trésors que je distillerais dans le temps, au fil des mots, au fil des idées ou alors comme des puces domptées qui n’attendaient que de sauter dans les idées velues de la conversation?
A la fin du repas, le temps que celle qui partageait ma table rassemble ses éparses affaires, ce petit tas de miettes —posé et rassemblé sur la table à l’endroit ou mes mains il y quelques secondes encore s’amusaient— me posaient questions. J’aurai pu juste lui dire au revoir, déposer sur lui une pensée nostalgique et émue en pensant au bon temps que l’on venait de passer ensemble, mais au lieu de cela, je me posais la question de son existence et de sa symbolique dans le repas de ce soir. Je me suis juré que j’allais sincèrement me poser la question.









